Quelles races de chiens peuvent causer les blessures les plus graves ? Ce qu’il faut vraiment savoir
Le chien est souvent décrit comme le meilleur ami de l’être humain. Pourtant, les morsures restent une réalité et certaines peuvent entraîner des blessures importantes.
On entend régulièrement que certaines races seraient naturellement plus dangereuses que d’autres. Mais cette façon de présenter les choses est trompeuse : la race, à elle seule, ne permet pas de prédire qu’un chien sera agressif ou qu’il mordra.
L’American Veterinary Medical Association (AVMA) estime d’ailleurs qu’il est inapproprié de prédire le comportement agressif d’un chien uniquement à partir de sa race ou de qualifier une race entière de « dangereuse ». AVMA
Tous les chiens peuvent mordre
Un petit chien comme un animal beaucoup plus imposant peut mordre lorsqu’il a peur, souffre, protège sa nourriture ou ses petits, se sent menacé ou se trouve dans une situation particulièrement stressante.
Les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) rappellent que n’importe quel chien peut mordre, notamment lorsqu’il est effrayé, nerveux, malade ou en situation de protection. Près d’une personne mordue sur cinq nécessite des soins médicaux. CDC
C’est donc davantage le contexte et le comportement individuel de l’animal qu’une simple étiquette de race qu’il faut observer.
Pourquoi parle-t-on alors autant de certaines races ?
Les rottweilers, chiens de type pit-bull, dobermans, akitas ou bergers allemands sont régulièrement cités lorsqu’on parle de chiens potentiellement dangereux.
Il faut toutefois distinguer la probabilité de mordre de la capacité à provoquer une blessure grave.
Un chien grand, lourd et physiquement puissant peut naturellement causer davantage de dommages lors d’une attaque qu’un chien beaucoup plus petit. Cela ne signifie pas pour autant que tous les individus appartenant à une race puissante présentent un comportement agressif.
Les statistiques par race sont également difficiles à interpréter correctement. Pour connaître véritablement le risque associé à une race, il faudrait notamment savoir combien de chiens de cette race existent dans la population étudiée. Le CDC soulignait déjà cette importante limite dans ses travaux sur les morsures. CDC
L’éducation et l’environnement jouent un rôle majeur
Le comportement d’un chien dépend de nombreux facteurs : ses premières expériences, sa socialisation, son entraînement, son état de santé, son environnement et la manière dont les humains interagissent avec lui.
Des données du CDC soulignent justement que la tendance à mordre ne dépend pas uniquement de la génétique, mais également de la santé physique et comportementale, des expériences précoces, de la socialisation, de l’éducation et du contexte de l’interaction. CDC
Un chien correctement socialisé et encadré peut donc avoir un comportement très différent d’un autre chien de la même race ayant vécu dans des conditions complètement différentes.
Les enfants demandent une vigilance particulière
Les enfants sont plus susceptibles que les adultes d’être mordus, et leurs blessures ont tendance à être plus sévères. Fait important : chez les jeunes enfants, beaucoup de morsures surviennent lors d’activités ordinaires avec des chiens qu’ils connaissent déjà. CDC
Il est donc recommandé de ne jamais laisser un jeune enfant jouer sans surveillance avec un chien, même lorsqu’il s’agit du chien de la famille.
Les signaux qu’il ne faut pas ignorer
Plutôt que de se fier uniquement à la race, mieux vaut apprendre à reconnaître les situations à risque.
Un chien qui cherche à s’isoler, qui semble effrayé, malade ou irrité doit être laissé tranquille. Il est également préférable de ne pas déranger un animal lorsqu’il mange, dort ou s’occupe de ses petits.
Avec un chien inconnu, le CDC recommande notamment de demander la permission au propriétaire avant de le toucher et de laisser l’animal s’approcher en premier. CDC
Alors, existe-t-il vraiment une « race la plus dangereuse » ?
Les données disponibles ne permettent pas de dresser sérieusement un classement universel des races « les plus dangereuses ».
Certaines races possèdent indéniablement davantage de force physique et peuvent donc provoquer des blessures particulièrement importantes lorsqu’un incident grave survient. Mais cela ne permet pas de déterminer le comportement futur d’un chien simplement à partir de son apparence ou de sa race.
Pour réduire les risques, l’AVMA privilégie une approche centrée sur le comportement de chaque animal, la prévention, l’éducation des propriétaires et l’intervention de professionnels lorsqu’un chien présente des signes préoccupants. AVMA
Au bout du compte, connaître son chien, respecter ses limites et apprendre aux enfants comme aux adultes à interagir correctement avec les animaux reste bien plus utile que de se fier à une liste de races.
