Marcher lentement, faire le ménage, jardiner : ces petits mouvements comptent plus qu’on ne le pense
On pense souvent qu’être actif signifie enfiler ses chaussures de sport, aller courir ou terminer une séance d’entraînement en sueur.
Pourtant, une bonne partie de l’activité physique que nous faisons chaque jour se déroule loin du gym.
Marcher tranquillement, se déplacer dans la maison, effectuer certaines tâches ménagères ou jardiner font partie de ce que les chercheurs appellent l’activité physique d’intensité légère.
Et une nouvelle analyse canadienne suggère que cette zone située entre « rester assis » et « faire véritablement du sport » mérite beaucoup plus d’attention.
Le mouvement que nous oublions de compter
Des chercheurs de Statistique Canada se sont intéressés à ce qu’ils qualifient de « maillon manquant » de l’activité physique.
Ils ont analysé des données recueillies par accéléromètre dans le cadre de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé entre 2007 et 2019. Les participants étaient des adultes canadiens âgés de 18 à 79 ans vivant dans les dix provinces.
L’objectif était notamment de regarder ce qui se passe entre deux extrêmes que nous connaissons bien : les longues périodes où nous sommes sédentaires et les activités physiques d’intensité modérée ou élevée.
Cette zone intermédiaire comprend des gestes extrêmement ordinaires.
La marche lente, les travaux ménagers et le jardinage léger font partie des exemples donnés par les chercheurs.

Nous y consacrons beaucoup plus de temps qu’on pourrait le croire
Les chiffres sont assez révélateurs.
Chez les adultes de 18 à 79 ans étudiés, environ 221 minutes par jour étaient consacrées en moyenne à une activité physique légère.
Cela représente près de 3 heures et 41 minutes.
À titre de comparaison, les participants accumulaient en moyenne 24 minutes par jour d’activité physique modérée à vigoureuse.
Mais un autre résultat est particulièrement intéressant : la majorité de leurs pas étaient effectués pendant ces périodes d’activité légère.
Les adultes accumulaient en moyenne environ 5 553 pas par jour pendant une activité légère, contre 2 322 pendant une activité modérée à vigoureuse.
Autrement dit, tous ces déplacements auxquels nous accordons peu d’importance représentent une part considérable de notre mouvement quotidien.
Tous les mouvements légers ne semblent toutefois pas se valoir
C’est ici que l’étude devient particulièrement intéressante.
Les chercheurs n’ont pas considéré toutes les activités légères comme une seule catégorie. Ils les ont séparées en différents niveaux d’intensité.
Et les associations les plus favorables apparaissaient surtout dans les niveaux moyen et élevé de l’activité légère.
Accumuler davantage de temps et de pas dans ces catégories était associé à une probabilité plus faible de présenter une maladie cardiovasculaire. L’activité légère d’intensité moyenne était également associée à une probabilité moindre d’avoir au moins deux maladies chroniques ainsi que de déclarer une santé générale passable ou mauvaise.
Cela ne signifie pas qu’une promenade tranquille ou une séance de ménage constitue un traitement médical.
L’étude est observationnelle : elle met en évidence des relations entre le mouvement et certains indicateurs de santé, mais ne permet pas d’affirmer que l’un est directement la cause de l’autre.
Alors, faire le ménage remplace-t-il une séance d’entraînement?
Non.
C’est une distinction importante.
Les recommandations canadiennes continuent d’encourager les adultes à cumuler au moins 150 minutes d’activité physique modérée à vigoureuse par semaine, en plus d’activités de renforcement musculaire au moins deux fois par semaine.
L’intérêt de ces nouvelles données est donc ailleurs.
Elles rappellent que l’activité physique ne fonctionne pas nécessairement selon une logique de « sport ou rien ».

Se lever davantage, marcher pour accomplir une petite course, ranger la maison, jardiner ou effectuer d’autres activités plutôt que de rester assis contribue aussi au mouvement accumulé pendant la journée.
Et pour quelqu’un qui trouve difficile d’intégrer immédiatement de longues séances d’entraînement à son horaire, cela peut rendre l’idée de bouger beaucoup plus accessible.
7 façons simples d’ajouter davantage de mouvement à sa journée
Pas besoin de transformer chaque activité en entraînement. On peut simplement chercher les occasions de rester un peu moins longtemps immobile.
À la maison, cela peut vouloir dire :
- marcher quelques minutes pendant une conversation téléphonique;
- faire une petite promenade après le repas;
- ranger une pièce plutôt que de tout faire en une seule grosse séance;
- jardiner ou s’occuper des plantes;
- prendre les escaliers lorsque c’est possible;
- se lever régulièrement lorsqu’on travaille assis;
- effectuer certaines petites courses à pied lorsque la distance le permet.
L’objectif n’est pas de comptabiliser obsessionnellement chaque mouvement.
C’est plutôt de considérer toutes ces petites occasions comme ce qu’elles sont : du mouvement.
Et les fameux 10 000 pas?
Autre détail intéressant de l’étude : il n’existe actuellement aucun seuil officiel canadien ou international fixant à 10 000 le nombre de pas que chaque adulte devrait absolument atteindre quotidiennement, soulignent les chercheurs.
Cela permet de relativiser un chiffre devenu presque une règle dans l’imaginaire collectif.
Une journée à 6 000 ou 7 000 pas n’est donc pas automatiquement une journée « ratée ».
La quantité de mouvement, son intensité, le temps passé assis et l’activité physique plus soutenue font partie d’un portrait beaucoup plus large.
Le message à retenir
Cette nouvelle analyse ne signifie pas qu’il faut abandonner le sport pour passer l’aspirateur.
Elle apporte plutôt un message beaucoup plus encourageant : l’activité physique ne commence pas uniquement lorsqu’une séance d’entraînement commence.
Une promenade tranquille, du jardinage, certains travaux ménagers et tous ces déplacements que nous faisons presque sans y penser représentent une part importante de notre activité quotidienne.
Et remplacer un peu de temps passé immobile par davantage de mouvement constitue déjà une direction intéressante.
Pour celles et ceux qui se disent souvent « je ne bouge pas assez », c’est peut-être aussi une manière plus réaliste de voir les choses.
Sources :
Statistique Canada — « The missing middle: Exploring light-intensity physical activity and how it relates to health among adults in Canada », Health Reports, septembre 2026.
