Pourquoi la grand-mère maternelle peut jouer un rôle important dans la vie d’un enfant
Il suffit parfois d’observer un enfant avec sa grand-mère pour comprendre qu’il peut exister entre eux une complicité difficile à décrire.
Une recette préparée ensemble, une histoire racontée pour la dixième fois, une confidence faite loin des oreilles des parents ou simplement cette impression de retrouver chez elle un endroit familier et rassurant.
Dans certaines familles, la grand-mère maternelle occupe une place particulièrement présente. Mais pourquoi ce lien peut-il devenir aussi important?
La réponse est moins mystérieuse qu’on pourrait le croire. Elle se trouve surtout dans les relations qui se construisent entre les générations.
Une deuxième présence affective autour de l’enfant
Les grands-parents peuvent constituer une source supplémentaire de présence, de soins et de soutien pour leurs petits-enfants.
Une vaste revue scientifique ayant analysé 206 études montre d’ailleurs que leur influence a été étudiée dans plusieurs dimensions du développement de l’enfant, notamment la santé physique, le développement socioémotionnel, le comportement ainsi que les apprentissages. Les chercheurs soulignent cependant que les effets varient considérablement selon le type et le contexte de l’implication des grands-parents.
Autrement dit, ce n’est pas simplement le fait d’être « grand-mère » qui crée ce lien.
C’est ce qu’elle fait de cette relation.
Une grand-mère disponible peut devenir une personne supplémentaire vers laquelle l’enfant se tourne pour parler, demander conseil ou simplement recevoir de l’affection.
Elle peut aussi être un pont avec l’histoire familiale
La grand-mère maternelle possède quelque chose d’unique : elle a connu la mère de l’enfant lorsqu’elle-même était petite.
Elle peut donc raconter des souvenirs que les enfants n’auraient autrement jamais connus.
« Ta maman faisait exactement la même chose à ton âge. »
Une phrase toute simple peut soudainement créer un pont entre trois générations.
Les recettes familiales, les expressions, les photographies, les traditions, les histoires de jeunesse et même certaines habitudes deviennent ainsi des moyens de transmettre une partie de l’histoire familiale.
Pour un enfant, connaître ces histoires peut contribuer à donner une continuité à son univers familial.
Pourquoi parle-t-on autant de la grand-mère maternelle?
C’est ici qu’il faut éviter une idée reçue.
Il n’existe pas de règle scientifique affirmant que toutes les grands-mères maternelles ont naturellement un lien supérieur avec leurs petits-enfants.
Certaines recherches ont observé des différences entre grands-parents maternels et paternels dans des contextes particuliers. Par exemple, une étude prospective brésilienne portant sur trois générations a observé des associations plus fortes entre certains indicateurs de santé mentale des grands-mères maternelles et le développement émotionnel et comportemental des petits-enfants que du côté paternel. Mais il s’agit d’un résultat contextuel qui ne permet pas d’établir une règle universelle.
Dans la vie quotidienne, la proximité dépend surtout de facteurs très concrets : fréquence des contacts, distance géographique, disponibilité, qualité des relations entre adultes et rôle réellement joué auprès de l’enfant.
Une alliée pour les parents… lorsqu’un équilibre existe
La grand-mère peut également représenter un soutien précieux pour la mère et, plus largement, pour les parents.
Garder les enfants occasionnellement, être disponible lors d’une période difficile ou simplement offrir une oreille attentive peut alléger certaines pressions familiales.
Mais davantage d’implication n’est pas automatiquement synonyme de meilleurs résultats.
La recherche insiste justement sur l’importance du contexte familial et de la qualité des relations. Une implication adaptée aux besoins de la famille peut constituer une ressource, tandis que des désaccords importants entre parents et grands-parents peuvent au contraire créer des tensions.
La grand-mère n’a donc pas besoin de remplacer les parents pour être importante.
Elle peut occuper une autre place.
Les petits rituels peuvent devenir de grands souvenirs
Ce qui marque un enfant n’est pas nécessairement spectaculaire.
Cela peut être les crêpes du dimanche matin.
Une promenade après l’école.
Un appel chaque mercredi.
Une chanson toujours chantée avant de dormir.
Ou cette petite friandise que grand-maman garde mystérieusement dans le même tiroir.
À force d’être répétés, ces rituels deviennent des repères et, des années plus tard, souvent des souvenirs très forts.
Une relation qui peut aussi profiter à la grand-mère
Cette relation ne fonctionne d’ailleurs pas dans un seul sens.
Une revue systématique portant sur le grand-parentage et le bien-être a constaté que l’implication des grands-parents ne vivant pas avec leurs petits-enfants était fréquemment associée à de meilleurs résultats de bien-être chez les grands-parents eux-mêmes, même si les chercheurs préviennent qu’on ne peut pas toujours conclure à un lien de cause à effet.
D’autres travaux montrent également que l’intensité de la garde compte : une implication occasionnelle ou complémentaire peut être positive dans certains contextes, tandis que devenir responsable principal d’un enfant peut représenter une charge beaucoup plus lourde.
C’est donc potentiellement une relation dont plusieurs générations peuvent retirer quelque chose.
Finalement, ce n’est peut-être pas une question de « maternelle » ou « paternelle »
Une grand-mère maternelle peut devenir l’une des personnes les plus importantes de l’enfance.
Mais une grand-mère paternelle, un grand-père ou un autre adulte proche peut parfaitement occuper cette même place.
Ce qui semble compter davantage que l’étiquette familiale, c’est la qualité du lien construit avec l’enfant.
Être présente. Écouter. Transmettre. Créer des souvenirs. Respecter la place des parents. Et offrir à l’enfant une relation dans laquelle il se sent aimé et considéré.
C’est peut-être finalement cela qui explique pourquoi certaines grands-mères restent si profondément présentes dans nos souvenirs, même plusieurs décennies après l’enfance.
